28 février 2026
Hiver 2024 + 2 hivers
[Billet en cours]
La découverte, le jeudi 29 février 2024, de Montréal enneigée depuis le fameux Belvédère Kondarionk s’était poursuivie par la publication d’un article dans AOC : Où va le blanc des villes lorsque la neige fond ?

Un schéma sur le déneigement issu de cet article figure également dans notre note sur « Quel partage de l’ombre dans les villes de demain ? »

Depuis, on tente de suivre l’actualité nivale… au Canada et aussi aux Etats-Unis… où les rigueurs de la neige ont conduit à des mesures inédites, comme l’appel du maire Zohran Mamdani pour recruter des volontaires pour aider à déneiger les rues, payés 30 dollars de l’heure.

Le nord-est des États-Unis gère les suites de la tempête de neige – La Presse – 24/2/2026
Le maire de la ville Zohran Mamdani a de nouveau lancé un appel pour recruter des volontaires pour aider à déneiger les rues, payés 30 dollars de l’heure. Plus d’un millier d’entre eux ont déjà été engagés et sont à l’oeuvre depuis la tempête.
Voir aussi : Voir par exemple « Snow shoveler pay check mamdani blizzard work »
« Prendre sa neige égale », de François William Croteau – Le devoir – 21 janvier 2026
« Tout ce qui les met en rogne va aller en empirant avec le dérèglement climatique. On le voit déjà, les mouvements météorologiques s’intensifient et se brouillent d’une saison à l’autre. Il n’a jamais été aussi complexe de gérer la neige, la glace, le vent et tout ce que l’hiver peut nous envoyer qu’aujourd’hui ».
« Prisonniers de la neige », de Jean-François Nadeau – Le Devoir – 2 février 2026
De tout temps, l’humanité se heurte sur le mur de l’hiver. Et le déneigement est devenu une nouvelle forme de tragédie associée à la saison froide.
La dimension tragique de l’hiver remonte à loin. La bourrasque, une nouvelle de Pouchkine, en esquissait déjà les contours. Tolstoï élargira le registre jusqu’à la sphère des bouleversements intimes, dans des récits comme La tempête de neige ou dans Anna Karénine, son grand roman. Les tableaux hivernaux de Jean Paul Lemieux appartiennent eux aussi à cette tradition de l’hiver tragique. Ils auraient pu servir à illustrer des romans de Tolstoï. Comme l’écrivain, le peintre joue de sa maîtrise des règles de la perspective pour susciter un sentiment de profondeur presque infinie. Dans ces scènes de déserts gelés, la rigueur technique parvient à s’effacer pour nous faire éprouver, d’un seul bloc, l’immensité de la solitude, au milieu du grand silence blanc — un peu comme dans certaines photographies de désert, celles, par exemple, de Raymond Depardon. Cette dimension tragique traverse aussi l’hiver du Kamouraska d’Anne Hébert et celui de Maria Chapdelaine, lorsque la neige, en confondant ciel et terre, entraîne François Paradis aux enfers. L’hiver, bien avant de devenir une affaire de chiffres, s’est imposé comme un espace où se mesurent nos limites face à l’immensité du monde.
En quoi cette tradition éclaire-t-elle notre présent ? En 1915, l’immense popularité d’Anna Karénine encourage l’industrie naissante du cinéma américain à en financer une première adaptation. Tolstoï, apôtre de la paix, est mort cinq ans plus tôt et, tandis que son roman accède à l’écran, le monde bascule dans la guerre. Une équipe de tournage des studios Fox met le cap sur les rives du fleuve Saint-Laurent. Destination : Montréal, ville natale du réalisateur Gordon Edwards. Il s’agit d’y trouver un décor capable d’incarner un hiver tolstoïen.
En partie en raison des célébrations répétées d’un carnaval aujourd’hui oublié, Montréal était perçue comme une reine des neiges. Cette réputation tenait aussi à la représentation hivernale qu’en a donnée, grâce à de savantes manipulations techniques, le photographe montréalais William Notman. Mais à l’heure du tournage de cet Anna Karénine hollywoodien, la neige à Montréal n’est plus que pluie, glace, gadoue. Cette catastrophe liquide noie tous les espoirs cinématographiques. L’hiver est sans cesse folklorisé, figé dans l’imaginaire, accroché aux murs des musées, comme dans cette exposition du Musée des beaux-arts du Canada, Compte d’hiver, présentée ces jours-ci à Ottawa, au moment même où Toronto a reçu, le 25 janvier, une quantité de neige record.
« Les rues, ça n’a pas de bon sens », Marco Fortier, Le devoir, 4 février 2026
Une crise des nids-de-poule frappe la Ville de Montréal, qui ne dispose que de trois machines pour colmater les trous sur l’ensemble de son territoire. (…) En entrevue avec Le Devoir, Soraya Martinez Ferrada affirme travailler sur un « plan d’urgence » pour colmater les innombrables nids-de-poule qui envahissent les rues – une situation exceptionnelle pour un début de février et qui s’explique en partie en raison des gels et dégels des dernières semaines, dit-elle.
« Une opération qui ne laisse rien au hasard. Dans les coulisses du déneigement à Longueuil », Éric Martel – La Presse (site web) – 11/12/2025
Les zones à parcourir sont indiquées en rouge et celles sur lesquelles la neige a été ramassée le sont en vert. Les opérateurs passent sur les trottoirs en ordre de priorité : les artères d’abord, les rues collectrices, qui font le lien entre les artères et les rues résidentielles, ensuite, pour terminer avec les rues résidentielles.
« Une bonne année pour la pêche sur glace », de Marie Tison – La Presse – 24 février 2026
Il a fait froid cet hiver. Vraiment froid. Une belle glace bien solide, bien épaisse, s’est formée sur les plans d’eau, ce qui a donné lieu à une excellente saison pour la pêche blanche. Mais il reste qu’avec les changements climatiques, l’avenir de cette activité n’est pas tout à fait assuré.
« Les quatre dernières années, c’était quand même assez difficile, c’était quasiment des trois quarts ou des demi-saisons à cause de la météo, affirme Steve Massicotte, porte-parole de l’Association des pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne. Cette année, on a vraiment été privilégiés par la météo. » Il rappelle qu’il y a trois ans, la pêche aux petits poissons des chenaux n’avait commencé que le 19 janvier sur la rivière Sainte-Anne. Cette année, les pêcheurs ont pu mettre leurs lignes à l’eau le 26 décembre, ce qui est la date prévue par le ministère de la Faune. Compte tenu de l’épaisseur de la glace, la saison devrait se terminer le 15 février, comme prévu.
« On a trois pieds de glace, il n’y a aucune inquiétude ! », lance M. Massicotte. L’association représente 19 pourvoyeurs. Les pêcheurs qui fréquentent leurs 400 cabanes laissent six millions de dollars de retombées économiques dans la région. « Une bonne saison comme cette année, comme dans le temps, c’est 100 000 à 105 000 visiteurs », lance Steve Massicotte. Mais les bonnes saisons ne sont plus aussi fréquentes qu’autrefois.
« Bien que nous ne disposions pas d’une étude chiffrée, nos observations sur le terrain confirment que les conditions climatiques fluctuantes ont un impact sur l’activité, notamment en ce qui concerne l’épaisseur et la stabilité du couvert de glace », indique Isabelle Labranche, conseillère aux communications à la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec (FédéCP). Ces variations écourtent parfois la saison et obligent les organisateurs d’activités à s’adapter rapidement.
C’est d’ailleurs une des raisons qui ont amené la Ville de Laval à cesser de soutenir activement les activités de pêche sur glace. Elle a abrogé un règlement qui obligeait les pêcheurs à obtenir un permis pour installer une cabane à pêche sur la glace au large de la berge aux Quatre-Vents et de la berge des Goélands. En échange, la Ville mesurait l’épaisseur de la glace pour s’assurer de sa sécurité et faisait du déneigement et du ramassage de déchets.
« En raison des conditions climatiques, qui sont de plus en plus instables, on a remarqué qu’il y avait moins de journées où c’était sécuritaire de faire de la pêche sur la glace, moins de cabanes, moins de demandes de permis », explique Caroline Voyer, responsable du service de l’environnement à la Ville de Laval. Et puis, les coûts ont augmenté pour nous, donc on a décidé d’abroger le règlement. Elle indique que la Ville a déjà eu jusqu’à 71 demandes de permis par année. L’an passé, elle n’en a reçu qu’une dizaine. La pêche demeure permise tout autour de Laval, mais il appartient aux pêcheurs de mesurer l’épaisseur de la glace. « On les encourage à adopter des comportements sécuritaires, déclare Mme Voyer. C’est à eux de s’assurer des mesures de sécurité. »
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